Le roi du Maroc Mohammed VI est arrivé à Madagascar samedi 19 novembre pour une visite d’Etat peu avant le sommet de la Francophonie. Moment fort de son séjour, un passage à Antsirabe, ville située au centre de Madagascar à 150 km au sud d’Antananarivo la capitale où il est arrivé dimanche soir.

C’est en quelque sorte un pèlerinage pour le souverain marocain sur les traces de son grand-père, le roi Mohammed V qui avait été exilé par les autorités coloniales françaises dans les années 1950. Mohammed V est considéré comme le fondateur du Maroc moderne, c’est lui qui a œuvré pour l’indépendance. Mais au-delà de la démarche familiale et historique, la visite de Mohammed VI à Madagascar est également diplomatique et économique.
A la fin de l’année 1953, le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, le futur roi Mohammed V, est fortement impliqué dans le mouvement indépendantiste au Maroc. Les autorités coloniales françaises décident donc de l’éloigner. Il est exilé en Corse puis à Madagascar, en janvier 1954. Avec toute sa famille, y compris son fils, le futur roi Hassan II est envoyé à Antsirabe, ville d’eau et de villégiature de la bourgeoisie tananarivienne où il restera presque 2 ans. C’est aussi sur la Grande île que naît sa dernière fille Lalla Amina.

Au Maroc pendant ce temps, l’exil du souverain est loin de calmer la population après plusieurs attentats, la France est contrainte à la négociation et le sultan rentre au Maroc triomphant fin 1955 sous le nom de roi Mohammed V. L’indépendance est signée quelques mois après.

Aujourd’hui, Mohammed VI veut donc retrouver la trace de son grand-père. Il séjourne pour l’occasion dans le même hôtel que celui où a vécu sa famille. En souvenir, pour rendre hommage à l’hospitalité malgache, il doit lancer le chantier d’un hôpital et d’un centre de formation à Antsirabe.

Mais la visite est plus qu’historique. Alors que Madagascar ne compte que 35 résidents marocains, le roi est venu accompagné de 450 personnes et de gros contrats à signer. Mohammed VI continue donc son opération de charme en Afrique. Une stratégie diplomatique alors que le Maroc souhaite réintégrer l’Union africaine quittée il y a 32 ans.