Le 15 septembre 2015, le premier autotest de dépistage du VIH, fabriqué par la société française AAZ et distribué par le laboratoire Mylan, était mis à disposition du grand public dans les officines françaises. Sans prescription médicale. Un an après, quel bilan peut-on en faire ?

Dans un communiqué commun, les deux entreprises écrivent que près de 140 000 autotests (1) ont été vendus par plus de 11 200 pharmacies au cours des 12 derniers mois. Cela fait près de 2 000 autotests qui y sont achetés en moyenne chaque semaine. Et dans ce satisfecit général, le pharmacien est mis à l’honneur.

80 % des pharmaciens formés

Selon une enquête de la Société Française de Lutte contre le Sida (2), plus de 80 % des pharmaciens ont en effet suivi une formation aux autotests. A ce jour, il y aurait même plus de 4 000 officines disposant d’un kit de sensibilisation au dépistage du VIH dans leur officine. Il faut rappeler que celui-ci contient un guide d’informations destiné à toute l’équipe officinale, ainsi que des outils de communication en vitrine et au comptoir pour sensibiliser le grand public au dépistage.

Pour expliquer l’intérêt grandissant des Français pour cet outil, les deux sociétés louent les actions de communication du ministère de la Santé (3) (annonce de la mise à disposition d’autotest VIH en pharmacie) et la campagne d’incitation au dépistage de l’INPES (4) de décembre 2015. Elles estiment qu’elles ont « facilité l’accès à l’information et ont permis d’intégrer autotest VIH parmi les moyens déjà disponibles de dépistage ».
En chiffres, cet engouement donne aussi plus de 22 000 visionnages des vidéos de démonstration de l’autotest, et plus de 3 000 demandes d’informations sur l’autotest ont été enregistrées sur le numéro vert de Sida Info Service (5).

Le profil des utilisateurs

Enfin, une enquête récente menée par IllicoPharma (6) montre que l’autotest touche une population qui ne se serait pas dépistée autrement. En effet, pour 40 % des utilisateurs, il s’agissait d’un premier dépistage du VIH. Parmi eux, 55 % déclarent qu’ils ne seraient pas allés dans un centre de dépistage si l’autotest n’avait pas été disponible en pharmacie. Mieux encore, lors de l’achat sur internet, 25 % d’entre eux achètent 2 autotests ou plus pour se re-tester eux-mêmes ou pour leur partenaire.

Le but de ce outil, à terme, est bien évidemment de réduire le nombre de séropositivités inconnues. Cela « sera quantifiable dès l’année prochaine puisque la déclaration obligatoire de l’infection au VIH et du SIDA qui est renseignée par le professionnel de santé inclut désormais l’autotest parmi les moyens de dépistage(…) Néanmoins, de nombreux centres de dépistage et services de maladies infectieuses ont déjà rapporté avoir pris en charge des patients s’étant présentés suite à un autotest VIH présentant un résultat positif », conclut le communiqué. C’est déjà une bien belle nouvelle.